L'idée m'est venue tardivement de terminer l'année avec tous les invités de cette première année. Il m'a suffit de plonger dans les rushes et d'en extraire de nouvelles paroles. Le but était de montrer à quel point le conte aujourd'hui est inventif grâce aux conteuses et aux conteurs qui osent, se posent des questions, expérimentent, jouent avec la matière, cherchent à honorer un mode de rêverie éveillée qui offre des occasions de voyages et de réflexions.
Une voix, une présence étonnantes, de l'audace, de la ténacité, une sorte de folie douce, voilà comment je résumerais cette conteuse qui ose mêler conte et opéra, et s'adresse aux tout-petits avec une justesse intéressante.
Martine conte depuis longtemps, sans faire de bruit, avec l'assurance d'une passion vivante, ancrée au plus profond d'elle. J'ai eu l'occasion de l'écouter plusieurs fois, surpris par sa faculté de renouvellement et de puissance de sa parole. Une conteuse partagée entre Paris et Bretagne qui a accepté de jouer le jeu de l'entretien filmé sans hésiter, avec simplicité et bonne volonté, qualités qui confortent l'estime que je lui porte.
Au cours du festival Palabrages (début dé l'été, dans la région de Nimes-Sommières), j'ai fait la connaissance de ce conteur grec, invité de choix, artisan du renouveau du conte dans son pays et en Crête. Il a tout de suite accepté le projet d'un film basé sur son témoignage de conteur sensible aux liens entre oralité et écriture, spécialisé dans le processus d'apprentissage.
Voici comment il présente son livre (malheureusement toujours pas traduit en français), sur son site :
APPRENTISSAGE DE LA LITTÉRATURE ORALE. LE SECRET DU CONTEUR. Un livre de référence qui présente ma recherche doctoral. L'intelligence multiple a donné le support scientifique pour considérer la
méthode traditionnelle d'apprentissage et prouver son potentiel dans
l' école primaire.
Quelques jours après la fin du festival, il est venu chez moi et nous avons passé ensemble trois jours splendides, nous découvrant mutuellement en considérant les points de rapprochements et d'éloignements de nos réflexions sur le conteur, l'art du conte, le renouveau du conte. Nous sommes plus souvent tombés d'accord, que l'inverse, ce qui n'a pas manqué de me surprendre, étant donné nos parcours extrêmement différents.
Je suis heureux de présenter le film qui lui est consacré, tant sa gentillesse, son humilité et son enthousiasme m'ont été droit au cœur.
Déterminée,
Dégourdie,
Délicate,
voici les trois dés qu'elle lanceau cœur de son travail de conteuse et de clown en entreprise.
Le conte a sa place partout,
d'autant plus quand il est porté, offert, transmis par une personne de qualité.
Je connais Martine depuis longtemps,
et j'étais curieux de découvrir son point d'ancrage actuel,
le résultat d'un cheminement discret et présent.
Je n'ai pas été déçu du voyage !